DAA : historique

Historique

En novembre 1944, après la libération des basses vallées alpines, la crête frontière des Alpes est tenue par la 5e gebirgsdivision. Cette unité appelée la Gamsdivision (chamois) est de type binaire. Elle a été mise sur pied en octobre 1940 dans la région de Kitzbühel au Tyrol autrichien et a pris comme insigne le chamois héraldique de cette ville. Elle se compose notamment des régiments d’infanterie GJR 85 et GJR 100, régiments d’active de Bad-Reichenhall et de Berchtesgaden. Elle est commandée par le général Schrank.

La frontière entre le massif du Mont-Blanc et le col de la Galise est tenu par le groupe Aosta commandé par le colonel Stautner comprenant le II/GJR 100. L’artillerie comprend une batterie italienne et une allemande. Le bataillon italien Varese du 4e Alpini appartenant à la division fasciste Littorio occupe les positions d’intervalles.

La défense du plateau du Mont-Cenis est confiée au III/GJR 100 renforcé d’éléments italiens. Le major Singer, qui le commande, établit son PC dans l’hôtel Gravier près de l’Hospice. Des éléments du bataillon alpini Edolo servent au ravitaillement. L’appui d’artillerie est fourni par le 1er bataillon de l’artillerigegiment 85 et Des pièces italiennes de 149 mm installées dans les forts.

 

Côté français, certains volontaires qui ont participé à la libération des Alpes, fin août et début septembre 1944, acceptent de s’engager pour la durée de la guerre plus trois mois. Les autres rentrent chez eux jouer les matamores dans l’ambiance quelque peu désordonnée de la libération ou servent dans certaines unités politisées comme les Milices Patriotiques.

Le colonel Valette d'Osia

Au début de septembre, le colonel Descour, chef de la résistance dans la région Rhône-Alpes, décide de grouper ses FFI dans une seule et grande unité et de les envoyer sur la frontière alpine. Le 7 septembre, le général de Lattre-de-Tassigny accepte cette proposition, voyant l’avantage qu’il peut tirer de cet afflux d’hommes pour tenir, durant l’hiver, le flanc droit de la 1ere armée française et de la vallée du Rhône. Le 17 novembre, la 27e division alpine est officiellement recréée. Placée sous le commandement du général Valette d’Osia, puis le 11 janvier 1945 sous celui du général Molle, elle se compose des 5e et 7e DBCA, du 159e RIA et de divers unités non endivisionné. Toutes ces unités sont créées avec des effectifs FFI.

 

La 5e DBCA, commandée par le lieutenant-colonel de Galbert, tient la Tarentaise.

Le commandant Heritier reçoit le fanion du 13e BCA

Elle se compose de :

  • 7e BCA, commandé un premier temps par le commandant Lorin puis le 1 janvier 1945 par le commandant de Buttet, est formé par la fusion du bataillon Bulle et du 2e bataillon des Glières. Il occupe le quartier de Sainte-Foy
  • 13e BCA, sous les ordres du commandant Heritier, est formé par la fusion du bataillon Savoie et Maurienne. Il tient le quartier de Montvalezan, au centre du dispositif.
  • 27e BCA, commandé par le commandant Godard, est formé par la fusion du bataillon FTP Haute-Savoie et du 1e bataillon AS des Glières. Il occupe le quartier de Séez.

La 7e DBCA, commandée par le lieutenant-colonel le Ray, tient la Maurienne. Elle se compose des :

  • 6e BCA (bataillon Vercors) commandé par le commandant Costa de Beauregard qui tient le quartier de Termignon;
  • 11e BCA (bataillon Oisans) commandé par le capitaine Grand qui occupe le quartier de Bramans-val d’Ambin;
  • 15e BCA (bataillon Belledonne) commandé par le commandant Lecoanet qui tient le quartier du Charmaix au-dessus de Modane.

Hiver 1944-1945

Durant l’hiver 1944-45, de nombreuses reconnaissances et coups de main sont effectués pour reconnaître les positions ennemies.

Le général Doyen

L’unité de commandement n’existe pas sur le front des Alpes. Le gouvernement provisoire de la République, conscient de la nécessité de réorganiser ce front, avant l’offensive prévue au printemps, s’adresse au haut commandement allié. Des négociations aboutissent à la création, le 1er mars 1945, du Détachement d’Armée des Alpes placé sous le commandement du général Doyen qui doit coordonner les prochaines offensives destinées à fixer un maximum de force de l’Axe sur la frontière franco-italienne, pour favoriser l’offensive alliée sur le front d’Italie. Il prend sous son commandement toutes les troupes alignées sur les Alpes, même les troupes américaines opérant dans les Alpes-Maritimes.

 

Organisations du DDA pour l’offensive de 1945

Le DDA comprend 3 secteurs composés comme suit au 10 mars :

Le secteur nord s’étend de la Suisse a la Crête du Galibier, sous les ordres du Général Commandant la 27e DIA (PC Allevard), moins le 159e RIA (en Alsace puis réserve du DDA a son retour en Maurienne), le I/93e RAM et le 5e Régiment de Dragon, et renforcé par le Bataillon Mont Blanc et le I/69e RA.

Le secteur centre s’étend de la crête du Galibier au pic des Trois Evêchés, sous les ordres du colonel Francou (PC Embrun) tenu par le 99e RIA, le bataillon XI/15 et le I/141e RIA (ex bataillon XIV/15), le 5e Régiment de Dragon, les II et III/69e RA et le I/93e RAM (Névache).

Le secteur sud s’étend du pic des Trois Evêchés a la mer, sous les ordres du Général commandant la 44th AAAB, le 3e RIA (formé a partir des bataillons 20/XV, 22/XV et 24/XV le 3 mars sous les ordres du colonel Lelaquet), un bataillon étranger (XXI/15) et le groupe d’artillerie FFI Foncet.

Entre le 8 et le 21 mars 1945, la 1ere DMI (ex 1ere DFL), venant du front d’Allemagne, est mis a la disposition du front des Alpes pour relever la 44e Brigade US qui quitte le secteur des Alpes-Maritimes. Les 18e RTS et le 29e RTA la renforcent. A partir du 21 mars 1945, les trois secteurs des Alpes sont tenus par des troupes exclusivement françaises mais continuent de relever du 6e groupe d’Armée US pour leur emploi.

De mars à avril 1945, le DDA doit conduire une série de quatre opérations : Dans le secteur nord : première phase des opérations de dégagement des cols du Petit Saint Bernard (23 au 31 mars) et du Mont Cenis (5 au 1 avril). Dans le secteur sud : opération de reconquête du massif de l’Authion et de refoulement de l’ennemi sur le col de Tende, en territoire italien (du 10 au 25 avril). Dans le secteur centre : opération de dégagement du col de Larche (du 22 au 26 avril).