BACP – Les Bataillon Alpin de Chasseurs à Pied

Historique

Entrée du Quartier du 22e BACP à Albertville

Après la défaite de 1870-71, la loi de 1873, sur la réorganisation de l’armée, ne tient pas compte d’une défense éventuelle des Alpes car l’Italie, nouvellement créée, ne représente pas un ennemi potentiel.

Les troupes des 14e et 15e région militaire couvrant le massif sont de type général, sans aucune spécialisation montagne. Elles doivent, en cas de conflit avec l’Allemagne, gagner rapidement la frontière nord-est.

Cette même année, Ernest Cézanne, député des Hautes-Alpes, signale à l’Assemblée Nationale l’urgence de détacher, pour garder les Alpes, d’unités d’élites. Ce projet n’est pas retenu.

De son coté, l’Italie, qui vient de terminer son unité, met sur pied, le 15 octobre 1872, quinze compagnies alpines. Elles vont rapidement grossir en nombre et en organisation, jusqu’à devenir une subdivision d’arme spécifique. En 1887, il existera vingt deux bataillons, renforcés de neuf batteries d’artillerie de montagne. Le recrutement local de montagnards, connaissant parfaitement le milieu alpin, favorise une aptitude à vivre en altitude et une mobilisation rapide des réservistes en cas de conflit. Ces soldats prennent le nom d’Alpini.

Reconnaissance d'hiver du 13e BACP

Le 24 septembre 1876, général baron Berge, chef du service de l’artillerie au ministère, de retour d’une inspection sur la frontière, adresse au ministre de la guerre, un rapport alarmant sur la situation. L’Italie a pris de l’avance sur la France. Son réseau de voies ferrées arrive à une étape de la frontière à Coni, Saluces et Pignerol. Les compagnies d’alpini parcourent sans cesse la frontière. La mobilisation française entraînera tous les hommes en age de porter les armes vers les centres de regroupement situés dans les basses vallées. Avant leur retour, tous les cols importants seront aux mains de l’ennemi. Les troupes ne sont pas formées pour lutter en montagne et les officiers des XIVe et XVe CA ne connaissent ni la frontière, ni les places fortes et surtout pas le milieu alpin.

En 1878, pour remédier à cette carence, le lieutenant-colonel Zédé, commandant à Briançon un groupe de bataillons détachés, propose au général Bourbaki, gouverneur militaire de Lyon, de faire séjourner dans les hautes vallées le 12e BCP et des IVe bataillons des 52e, 75e et 97e RI ainsi que deux batteries d’artillerie. Le principe est retenu et accepté. Le général Farré, successeur de Bourbaki, lance cette opération durant trois mois de l’été 1879, dans le Briançonnais.

Reconnaissance en montagne

A partir de 1880, ce sont cinq bataillons de chasseurs à pied (les 12e, 13e, 14e dans le XIVe corps et les 7e et 24e dans le XVe corps) qui exécutent des marches-manœuvre en montagne. En 1881, une batterie de montagne est adjointe au 12e BCP à titre d’essai. Cette mesure est étendue aux autres bataillons l’année suivante.

En 1881, les vues françaises sur la Tunisie irritent l’Italie qui cherche un appui européen. Le 27 octobre, le roi Humbert rencontre l’empereur d’Allemagne Guillaume Ier à Venise. Le 20 mai 1882, la triple alliance est conclue.

Face à cette menace, il est décidé de créer une armée des Alpes, avec les troupes des XIVe et XVe corps, qui, en cas de conflit, même avec l’Allemagne, devront tenir les Alpes en attendant de connaître sérieusement les intentions transalpines. Si notre infériorité numérique ne permet pas de défendre la frontière même, il faut disputer à l’ennemi le terrain le plus en avant possible avec un maximum de forces. Mais pour avoir le temps de mobiliser celles-ci et de les porter en avant, encore faut-il contenir sur les crêtes l’élan des fameuses compagnies alpines italiennes.

Pour cette raison, il faut créer des troupes analogues, capables de se battre en montagne. En 1882, le ministre de la guerre, le général Billot, se rend compte de la situation. Il prescrit des marches de dix jours pour les régiments d’infanterie stationnant dans le massif alpin et un séjour de trois mois en montagne pour les bataillons de chasseurs à pied. Ces troupes seront appuyées par des batteries alpines.

Chasseur faisant une pose durant une marche

Pour suppléer à la cavalerie dans les région les plus accidentées et effectuer des reconnaissances, des escouades franches sont crées. Lancées en avant des avant-gardes, elles doivent découvrir et observer l’ennemi, le retarder s’il est agressif ou délimiter ses positions s’il est passif.

Rapidement ces mesures apparaissent insuffisantes face à l’accroissement du dispositif italien. Le 30 mai 1887, le général Ferron devient ministre de la guerre. Pour améliorer la défense de la frontière, il propose de passer à douze le nombre de bataillons de chasseurs, en affectant sept bataillons de chasseurs à pied supplémentaire aux Alpes. Ils prendront le nom de « chasseurs de montagne », créant une arme nouvelle distincte des chasseurs à pied.

Le conseil supérieur de la guerre, saisie de ce projet, rejette une telle manipulation avec mouvement de personnels et de matériels correspondant à des complications administratives.

Mais en raison de l’urgence de la situation face à l’Italie, le député Reille dépose son rapport pour la commission chargée d’étudier le projet Ferron. Il est étoffé de toutes les informations sur l’habillement et l’équipement nécessaire aux troupes de montagne, d’ailleurs déjà en partie réalisé à l’initiative des commandants régionaux.

Des aménagements sont effectués, notamment de garder au sein des chasseurs à pied, ces bataillons transformés en type montagne, qui prennent la dénomination officielle de bataillons alpins de chasseurs à pied. Le 30 novembre 1888, la loi modifiant l’organisation des bataillons de chasseurs à pied est adoptée. Elle est promulguée au journal officiel le 27 décembre 1888.

Emplacements des BCAP en 1900

6e BACP NiceXVe CA
7e BACPAntibesXVe CA
11e BACPAnnecyXIVe CA
12e BACPEmbrunXIVe CA
13e BACPChambéryXIVe CA
14e BACP GrenobleXIVe CA
22e BACPAlbertvilleXIVe CA
23e BACPGrasseXVe CA
24e BACPVillefranche-sur-MerXVe CA
27e BACPMentonXVe CA
28e BACPGrenobleXVe CA
30e BACPGrenobleXVe CA

 

 

13e BCA, tenue de marche

Adjudant du 13e BACP

Tenue de marche en montagne