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Le ski

La création

 

Atelier de fabrication de ski a briançon

Les longs hivers et les forts enneigements ont toujours entravés les communications des populations des hautes vallées. L’armée ne déroge pas à cette règle. Les postes d’altitude et les reconnaissances hivernales sont équipées de raquettes à neige, permettant une marche plus facile mais lente, exposant les hommes aux risques de la montagne.

Le ski est développé depuis longtemps dans les pays scandinaves, mais il reste inconnu en France. En 1878, à l’exposition universelle de Paris, Henry Duhamel, un Dauphinois fervent de montagne, achète une paire de patin à neige au pavillon scandinave. De retour à Grenoble, sans manuel technique, il tente en vain de s’en servir.

En 1896, le lieutenant Widmann, d’origine suédoise, en garnison à Embrun avec le 28e BACP, fait venir des skis de Stockholm. Il s’entraîne autour de la ville et au Lautaret. Le 12 février 1897, il réussi l’ascension à ski du Mont Guillaume. Ce qui est une première pour le ski français et militaire, marquant officiellement et incontestablement les débuts du ski en France.

Cette même année, en Savoie, les chasseurs du 22e BACP du poste des Chapieux utilisent des skis norvégiens pour se déplacer. C’est la première utilisation usuelle de skis en groupe par l’armée, bien avant le 159e RI de Briançon à qui l’histoire officielle attribut cet acte.

En 1900, le capitaine Clerc est affecté au 159e RI. Sa femme, de passage à Genève, lui achète une paire de skis pour qu’il se distraie. Rapidement, il s’entraîne et progresse. L’arrivée du capitaine Monnier

Pendant l’hiver 1901-1902, le capitaine Clerc, secondé par le lieutenant Monnier, est autorisé, par le colonel Graeff commandant le régiment, à entraîner quelques hommes à la pratique du ski. L’hiver suivant, une mission norvégienne, composée du capitaine Angell et du lieutenant Qval, vient aider à l’instruction. Un peloton de vingt-trois élèves skieurs est constitué avec des sous-officiers et des alpins de tout les régiment.

 

L’Ecole Normale de Ski

Ecole de ski du 13e bacp a lanslebourg

En 1904, le Ministère de la guerre décide la création d’une école de ski à Briançon, l’Ecole Normale de ski, destinée à former des instructeurs nécessaires aux BACP de l’Armée des Alpes et aux régiments régionaux du XIVe CA. Seize officiers, treize sous-officiers, deux caporaux et quarante-huit soldats suivent ce stage dirigé par le capitaine Bernard, successeur du capitaine Clerc. Les hommes ainsi formés, pourront enseigner la technique du ski, dans des écoles régimentaires créées dans chaque corps de troupe.

Les écoles régimentaires se développent rapidement dans les Alpes :

  • Le 11e BACP d’Annecy, qui occupe le poste de la Redoute Ruinée, à Séez.
  • Le 13e BACP de Chambéry à Lanslebourg.
  • Le 22e BACP d’Albertville, qui utilise déjà le ski aux Chapieux, au fort du Mont.
  • Le 158e RI à Vulmix et à Modane.
  • Le I/97e RI à Modane.

Dans ces écoles sont instruits des hommes destinés à occuper les postes d’altitude. Grâce au ski, les éprouvantes corvées en raquettes sont fortement diminuées. La fatigue est moindre et surtout le risque de se faire prendre dans une avalanche est fortement diminué par la vitesse de déplacement.

 

Ecole se ski a peira-cava

Le ski permet de reconnaître tout l’hiver des points hauts, inaccessible à pied, et aide à l’évacuation d’un blessé ou d’un malade grâce à l’utilisation d’un traîneau.

Le capitaine Clerc ne s’efforce pas que d’enseigner le ski, il forme les hommes à les entretenir et à en fabriquer. Les autorités militaires, stimulées par le Touring Club de France et le Club Alpin Français se soucient de la diffusion du ski dans les villages de montagne.

Les villages entourant Briançon s’habituent aux passages des skieurs et rapidement des hommes fabriquent leurs propres ski, commençant à se déplacer.

En 1905, le capitaine Rivas, successeur du capitaine Bernard à la tête de l’Ecole Normale de ski, crée un atelier de fabrication de skis destiné à affranchir les écoles régimentaires de la tutelle des fournisseurs étrangers et surtout à donner une nouvelle impulsion à la propagande du ski dans les régions alpine.

Les écoles régionales de ski des 7e et 20e RM

A partir de 1908, des écoles régimentaires sont créées dans les corps du Jura et des Vosges. L’école de Gérardmer est gérée par le 152e RI. Les stagiaires proviennent des 3e, 5e, 10e, 15e et 21e BCP, 23e, 35e, 42e, 44e, 133e, 149e et 152e RI. L’école cesse de fonctionner durant la première guerre mondiale.

Les concours

Le capitaine Clerc est un fervent partisan des concours de ski : « Les concours développeront chez les jeunes l’émulation et le respect d’eux même et de ceux d’entre eux qui prouveront qu’ils sont les plus énergétique, les plus endurants, les plus hardis ».

Les écoles régimentaires organisent localement des petits concours, notamment de saut, où, sur un tremplin de circonstance, les hommes tentent de battre des records.

Il faut attendre 1907, pour que l’armée, le Touring Club de France et le CAF organisent le premier concours international de ski à MontGenèvre. Uniquement le ski nordique est pratiqué avec des épreuves de fond et de saut. Les militaires ont leur propre course, où les Français sont battus de peu par les italiens.

En 1908, c’est Chamonix qui organise le concours international avec la participation de militaires Norvégiens. La prestation de l’équipe militaire française fut désastreuse.

En 1909, c’est Morez, dans le jura, qui accueil cette compétition.

En 1913 est organisé le premier examen de skieur militaire, les 24 et 25 février, sous l’égide du capitaine Lavallé du 13e BACP.

Entre 1905 et 1914, les unités alpines utilisent fréquemment les skis pour effectuer des raids, des reconnaissances et des patrouilles de plus en plus loin et haut.