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Briançonnais – Queyras – Ubaye

Le Briançonnais

Le col de Restefond en 1944

Le point faible du front des Alpes reste le secteur centre (Briançonnais, Queyras et Ubaye), dont les troupes, très déshérités et peu instruites, sont étirées sur un front de 100 kilomètres. Il est placé sous les ordres du colonel Francou (PC Embrun).

L’attaque pour le dégagement du col de Larche est prévue le 22 avril 1945 avec trois groupements constitués :

Groupement sud, aux ordre du chef de bataillon le Henry, comprend l’escadron Collonges du 5e dragon, la compagnie de Fondeville du 2/99e RIA, la compagnie Burger du 1/159 RIA et deux sections du I/141e RIA. Il a pour mission de s’emparer l’ouvrage de Roche-la-Croix. Les deux sections du 141e RIA doivent mener une action de débordement sur la Duyère.

Groupement nord, aux ordres du chef d’escadron de la ferté, comprend deux escadron du 5e dragon, et deux sections du I/159e RIA. Il doit fixer les forces ennemies tenant le fond de la vallée et le versant nord, puis s’en emparer après la chute de Roche-la-Croix.

Groupement de skieurs, aux ordres du groupement Silvani, comprenant dans un groupe nord les SES 5/XV, 6/XV et I/159e RIA et dans un groupe sud, commandé par le lieutenant Delecraz, les SES 1/XV, 3/XV et 24e BCA. Sa mission est une mission de débordement sur le village de Larche.

Deux groupes du 69e RAA assurent l’appui d’artillerie.

Dans la nuit du 21 au 22, le dispositif d’attaque se met en place. Au petit matin, l’artillerie ouvre le feu sur les différents objectifs. Vers 9 h, l’escadron Guyot du 3/5e dragon atteint le village de Meyronnes.

Vers 10 h, le détachement sud d’éclaireurs skieurs du lieutenant Delécraz a terminé sa mise en place à hauteur du village de larche. Le détachement sud à quand à lui pris du retard, en raison de la neige. A 10 h 45 les SES pénètrent dans Larche. La résistance est faible car le bombardement d’artillerie à sonner les défenseurs. Les français occupent le village et son ouvrage Maginot, établissant ainsi un bouchon défensif, isolant ainsi les positions ennemies avancées.

Obus de 420 mm sur le Gondrand C

Au groupement sud, vers 7 h, pendant que l’artillerie pilonne l’ouvrage de Roche-la-Croix et la batterie haute, la compagnie renforcée du capitaine de Fondeville 6/99e RIA progresse dans le bois de la Silve. Les alpins atteignent limite fixée pour la base de feux, en face de l’entrée de l’ouvrage fortifié. L’escadron Collonges, 2/5e dragon, chargé du débordement par la droite, s’est égaré dans la nuit, prenant deux heures de retard. A 15 h, la batterie haute est prise. A 16 h 30, renforcé par la 1ere compagnie du 159e RIA, le capitaine Collonges demande une nouvelle préparation d’artillerie. Dés que le tir cesse, les Français contournent l’ouvrage, s’approchant à 40 mètres. Celui est occupé par l’ennemi mais il ne possède plus d’armement. Fixé à l’ouest par les feux de la compagnie de Fondeville, arrosé au nord par les FM de l’escadron Collonges et Intoxiqués par les fumées des obus à phosphore, les défenseurs de Roche-la-Croix évacuent l’ouvrage et se rendent aux dragons.

Le 25 avril, à 5 h, le peloton Leuba de la 3e compagnie du 159e RIA occupent le village de Saint-Ours et coiffent les dessus de l’ouvrage Maginot de Saint-Ours Haut, vide de ses défenseurs. La casemate de Saint-Ours bas, située dans le fond de la vallée tient en échec la 4e compagnie du 159e RIA chargée de l’enlever. Grâce à deux coups de bazooka qui font voler la porte d’entrée blindée, les défenseurs se rendent.

Vers 7 h, la SES 3/XV s’empare de la ferme du Colombier et des trois 75 mm de montagne qui s’y trouve. En deux jours de combat, les forces de l’axe perdent trente-quatre tués et cent cinquante prisonniers. Les pertes françaises sont de quinze tués et trente huit blessés.

Bataillon Berthier au col des Thures

Le Briançonnais est tenu par le 99e RIA depuis décembre 1944. Le I/99e RIA relève le bataillon Berthier dans le quartier de Névache. Les avant-postes des Thures et du col de l’Echelle échangent fréquemment des échanges de tirs avec les positions ennemies de l’Aiguille-Rouge. Le III/99e RIA occupe le quartier de Montgenèvre-les Gondrans-les Aittes. Il subit des accrochages avec des patrouilles ennemies et des tirs d’artillerie. le 4 avril 1945, un obus de 420 mm perfore le fort du Gondran C, causant six blessés graves (dont un mortellement atteint) et une vingtaine de blessés.

Le II/99e RIA occupe le secteur de Jausiers dans la vallée de l’Ubaye. Le IV/99e RIA, bataillon d’instruction, est à Mont-Dauphin. Il est dissous le six janvier 1945.

En avril, après les opérations en Ubaye, le II/99e RIA vient relever le III/99e RIA.

Le 27 avril, le régiment reçoit l’ordre de passer en Italie. Le I/99e RIA franchie la frontière au col de l’Echelle est descend sur le Mélezet puis Bardonnèche. Le II/99e RIA passe le col du Montgenèvre et descend sur Clavière et Cesana. Le II/99e RIA franchie le col Bousson puis progresse sur Oulx, Sestrières et Cesana.

 

Sapeurs du 4 génie en mai 1945 sur une tourelle du Chaberton